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Permis Pratique

Permis auto : le pourquoi d'un examen pratique pas si simple à obtenir



L’emploi conditionné par le permis

Autre pression énorme, celle de la nécessité de décrocher le fameux sésame pour être embauché et gagner sa vie ! C’est quitte ou double : soit vous réussissez du premier coup, et vous avez tout gagné, soit vous échouez pendant les 35 minutes où vous jouez votre carrière, et vous êtes bon pour payer une sacré somme supplémentaire…et rester demandeur d’emploi. Forcément, il y a de quoi ne pas être tout à fait zen le jour de l’examen.

La situation géographique

Vous habitez dans une zone pavillonnaire mal desservie par les transports ? La voiture vous changerait la vie ? Il vous faut donc passer votre permis : c’est ça ou bien vous êtres tributaire de maman, de votre chéri, ou êtes condamné à marcher tous les jours une heure à pied pour travailler ou faire vos courses…Là encore, l’enjeu est compréhensible, et le stress qui va avec aussi.

Ensuite, il y a ce que l’on appelle les petites injustices, celles qui font partie des aléas de l’examen et qui vont faire pencher la balance encore un peu plus dans un sens ou dans l’autre et le faire un peu ressembler à une loterie.

La loterie du centre d’examen

Eh oui, certains candidats seront plus chanceux que d’autres sur ce point, car certains parcours d’examen ressembleront à une promenade de santé alors que d’autres vous en feront baver des ronds de chapeau. Bien entendu, ceux qui se verront attribuer un centre d’examen dans une grande agglomération où la circulation s’apparente à une véritable jungle et où la signalisation est omniprésente maudiront ceux qui circuleront tranquillement dans une zone rurale dépeuplée… Certains devront passer par l’autoroute tandis que d’autres n’en entendront pas parler et ne dépasseront pas les 70 km/h… Sans compter que l’heure de votre examen peut également jouer…

Sans surprise, le taux de réussite à l’examen pratique à Paris en 2012 pour une première présentation est d’environ 44,3% contre 59,1 % pour la moyenne nationale
Totalement injuste, certes, mais votre moniteur aura réponse à tout pour balayer votre argument qui se veut pourtant innocent et sincère : « lorsque vous savez conduire, vous pouvez conduire n’importe où. » Vous aurez beau lui répondre : « oui, n’importe où je veux bien, mais pas le jour de l’examen », rien n’y fera. Vous pourrez toujours vous consoler en écoutant la chanson de Maxime Le Forestier : On choisit pas ses parents, on choisit pas sa famille, on choisit pas non plus les trottoirs de Manille de Paris ou d'Alger pour apprendre à conduire (oups, à marcher, pardon)…

La loterie de l’inspecteur du permis de conduire

En théorie, l’inspecteur du permis de conduire doit afficher une impartialité bienfaisante, une politesse discrète… Oui, mais il arrive manifestement qu’il se produise des abus.

À tel point qu’il arrive que les moniteurs eux-mêmes en restent pantois, comme ce moniteur de Haute-Vienne interrogé par le quotidien Le Populaire : « Aujourd'hui, il est presque impossible de savoir si un élève va avoir son permis avant de recevoir le document officiel. D’ailleurs, le plus souvent, on ne se prononce pas car le candidat peut faire un bon parcours et finalement, ne pas avoir son examen à la clé ». Ainsi, il arrive vraisemblablement que certains inspecteurs ne se forcent même pas à dire bonjour à l’élève, ou encore donnent des consignes à une cadence difficile à suivre, voire des ordres incohérents.

C’est une des choses que l’élève redoute le plus lors de l’examen : être « saqué ». Il est pourtant stipulé dans le rapport sur le recrutement et la formation initiale des inspecteurs du permis de conduire et de la sécurité routière publié en octobre 2009 que les inspecteurs du permis « sont censés gérer seuls le déroulement des épreuves théoriques et pratiques en plaçant les candidats dans un climat favorable (conditions d’accueil, de confort et de sécurité optimales) ». Bien sûr, il arrive aussi que certains candidats affabulent et interprètent à outrance certaines attitudes d’un inspecteur. Mais, tout de même intriguées par le résultat à l’examen de certains de leurs élèves qu’elles jugent incohérents – et il est vrai que les moniteurs sont bien placés pour connaître les capacités de leurs candidats et juger du parcours le jour de l’examen puisqu’ils se trouvent dans le véhicule – plusieurs auto-écoles ont entrepris de répertorier les données afférentes à leurs centres d’examen, à savoir le taux de réussite selon les inspecteurs. Quelle ne fut pas leur surprise lorsqu’ils se sont aperçus qu’il pouvait exister de très grandes disparités entre les inspecteurs : entre 20 % et 80 % de taux de réussite en première demande en fonction de l’inspecteur ! (Source du site Internet Permis Pratique, article du 29 juillet 2012)

Communication en panne

En même temps, personne ne parlemente avec l’inspecteur pour « débriefer » en toute objectivité de la prestation de l’élève puisque même le moniteur n’a pas son mot à dire sous peine d’être accusé de favoritisme pour un de ses élèves, et que l’examen n’est pas filmé. L’inspecteur décide donc seul d’après son évaluation et remplit théoriquement seul la feuille de résultats où il va rendre son verdict.

Il existe toutefois un recours en cas de contestation du résultat de l’examen, mais qui n’a que très peu de chances d’aboutir (Voir le sujet : En cas de litige).


Le permis de conduire s’obtient certes en sachant conduire (en même temps un candidat débutant ne peut pas avoir l’expérience d’un chauffeur qui conduit depuis 20 ans), mais il existe également comme nous venons de le voir, des pressions extérieures et une part de subjectivité liée à l’épreuve qui peuvent faire échouer un candidat, et même, un bon candidat.



Nina Belile est l'auteure de ce sujet, ainsi que du livre Permis de galérer.

Le passage du permis B (auto), elle le connaît mieux que quiconque pour l'avoir obtenu en 2011 à l'âge de 30 ans, après un très long chemin semé d’embûches en tous genres.

Dix moniteurs différents, pas moins 118 heures de conduite, 6 000 € et la réussite en tant que candidat libre, au total son permis de conduire lui est revenu en termes de temps au passage d'un BTS (2 ans).

Si elle dénonce les failles du système d'apprentissage de la conduite en France dans son ouvrage, Nina Belile a également la volonté de faire partager sa longue expérience et ses conseils aux autres candidats dans les colonnes de Permis Pratique comme journaliste.


Retrouvez aussi Nina Belile sur le site web dédié à son livre : Permis de galérer

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Jeudi 1 Février 2018



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